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Bassin minier : le PS perd pied face au Front

31 Oct
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Crédit : Clément Parrot

[Enquête réalisée entre novembre et décembre 2012]

Ils sont de plus en plus nombreux à l’évoquer : Hénin-Beaumont serait perdue par le PS aux municipales de 2014. La victoire du FN pourrait faire “tache d’huile” dans le bassin minier. Autour d’Hénin, la progression du Front est étourdissante depuis 10 ans. Déstabilisés par leurs luttes internes, les socialistes apparaissent incapables de réagir à cette menace. Autopsie d’un suicide politique.

« Hénin-Beaumont est perdue, je sais qu’il ne faut pas le dire mais la ville est perdue ». La sentence est terrible. Sous couvert d’anonymat, ce responsable socialiste se laisse aller aux confidences. Pour le Front national à Hénin-Beaumont, une victoire aux municipales de 2014 prendrait une dimension nationale. « Ce doit être la vitrine. Il s’agit de montrer que les frontistes sont capables de bien gérer la ville, pour effacer les exemples de Marignane et d’Orange » note Pierre Ferrari, militant héninois pour un Parti socialiste rénové, exclu du parti en 2011 pour avoir critiqué le fonctionnement de la fédération.

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Ancienne cité minière du Pas-de-Calais, Hénin-Beaumont, 27 000 habitants, symbolise un électorat populaire qui s’éloigne de la gauche pour se rapprocher du FN. Le PS a lui même acté sa perte d’influence dans le bassin minier, dans une note secrète datée de 2010 et révélée par La Fédé (1). Le FN « est solidement implanté en Nord-Pas-de-Calais, aujourd’hui un de ses bastions », expliquent les auteurs de cette note publiée après les régionales de 2010.

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A Hénin-Beaumont, se retrouve la France du non (75% lors du référendum de 2005), celle des fermetures d’usines (Metaleurop en 2003 ou actuellement Meca Stamp), touchées par le chômage (19,4%) inquiète devant la mondialisation et méfiante à l’égard de l’immigration. Pas un hasard si Marine Le Pen et Jean Luc Mélenchon ont tenté de conquérir cette 11e circonscription du Pas-de-Calais, en juin dernier.

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A Hénin Beaumont, le FN joue sa meilleure carte. La prise de la ville par le Front national peut créer un “effet domino”. « Si Hénin tombe, les villes autour risqueraient de basculer », abonde David Noël, secrétaire de la section PCF de la ville. Des villes moyennes d’environ 10 000 habitants comme Courcelles-Les-Lens, Montigny-en-Gohelle ou Oignies. Des cités périurbaines où le FN progresse de 12 à 19 points entre le premier tour des législatives de 2007 et celui de 2012. Des communes dirigées par des socialistes et touchées par les crises industrielles.

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« Le FN progresse sur toutes les communes environnantes. C’est une tache brune qui s’étend,» constate, amère, Anne-Sophie Taszarek, ancienne présidente du MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes) du Pas-De-Calais, passée depuis au centre-droit par dégoût du PS local. Le politologue Rémi Lefebvre relativise pour sa part la progression frontiste : « C’est excessif de dire que le bassin minier appartient désormais au FN. La suprématie du PS demeure ».

Le FN porté par les affaires

Hégémonique, ces dernières années le parti socialiste s’est englué dans les affaires. A Hénin, le maire PS de la ville, Gérard Dalongeville, est mis en examen en avril 2009 pour détournement de fonds publics, faux en écriture et favoritisme. Il passe 8 mois en prison. Jean-Pierre Kucheida, maire socialiste de Lievin, est lui visé par quatre enquêtes préliminaires à la suite de soupçons de financement occulte, lancés par son ancien protégé Gérard Dalongeville. Dans le cadre de cette affaire, la police a perquisitionné la fédération PS du Pas-de-Calais, le 6 décembre dernier.

Des scandales qui font le miel du FN. « Nous faisons un travail d’opposition au climat mafieux, » assène Bruno Bilde, chef de cabinet de la présidente du Front national. Une stratégie qui rappelle le slogan “tête haute, mains propres”, remis au goût du jour ces derniers temps par Marine Le Pen. « Toutes ces affaires pourissent la politique et sont récupérées par les frontistes », se désole Bruno Krol, ce fils de mineur devenu secrétaire de la section socialiste de Oignies.

Le parti frontiste profite également des guerres internes entre socialistes. Un exemple récent : l’investiture chaotique de Philippe Kemel aux législatives décrédibilisée par des soupçons de fraude. Des suspicions réutilisées et reprises par le FN dans le mémoire destiné au Conseil Constitutionnel, dans le cadre du recours déposé par le parti frontiste pour irrégularités lors de l’élection législative de juin 2012.

La démarche n’a finalement pas abouti, au grand soulagement de Solférino. « Dans la 11e circonscription, il y avait de sérieux risques d’annulation. On avait tous le souvenir de la tricherie de Philippe Kemel lors de l’élection interne, on se disait donc que l’élection n’avait pas dû être jolie, » reconnaît Alain Richard, sénateur PS et auteur du rapport sur la fédération socialiste du Pas-De-Calais, dont les conclusions ont abouti à la mise sous tutelle des instances fédérales en juin dernier.

Pour l’image du PS, le contrecoup d’une annulation de l’élection aurait pu être fatal. « On a été présentés comme traficoteurs, magouilleurs, si en plus on avait été des tricheurs…,» lâche Arnaud Sanchez, jeune secrétaire de la section socialiste de Lens.

La fin d’un système

Le Parti socialiste se confronte également à un « épuisement du système clientèliste dans le bassin minier » déchiffre le politologue Remi Lefebvre, spécialiste du militantisme au PS (2). Encadrement très serré des populations, paternalisme confinant au clientèlisme, ce modèle serait aujourd’hui en difficulté. La faute à la crise économique mais aussi à la logique même du système.

«Des dynasties se sont installées dans le Pas-De-Calais. Le clientélisme peut les sauver ou accélérer leur chute. Avec le clientélisme, vous vous assurez des clientèles, mais vous créez aussi des exclus, » argumente Arnaud Sanchez. Des exclus du système qui se tournent, parfois, vers la flamme frontiste.

Montée du vote FN, affaires judiciaires, crise sociale, le découragement pointe parfois chez les militants. « Pour être militant aujourd’hui, il faut s’accrocher aux branches », se confie Bruno Krol, redevenu secrétaire de section de Oignies depuis 2008. Cette crise du militantisme, les sections locales ne parviennent pas à y trouver de réponses.

Baronnies et guerres de clan

« Le PS n’a pas rajeuni ses cadres, on ne soutient pas les jeunes dans ce parti », affirme, écoeuré, l’ancien militant socialiste Pierre Ferrari. « Sa base militante est vieillissante, plus représentative de la société », éclaire le politologue Rémi Lefebvre.

Le problème du renouvellement s’explique par un long processus de féodalisation, comme le confesse le sénateur socialiste Alain Richard :

« Pendant 15 ans, Daniel Percheron (président du Conseil régional, ndlr) et son équipe ont voulu installer des leaders départementaux. Résultat : chacun sous son beffroi et tout se joue entre accords et arrangements des barons locaux. »

Le blogueur Alain Alpern, ancien élu socialiste et fin connaisseur de la vie politique locale, résume en une phrase : « Le PS agit comme dans des fiefs au Moyen-Age ».

Barons dans les années 2000, mais rénovateurs dans les années 1970, Daniel Percheron, Jean-Pierre Kucheida, Jacques Mellick ont reconquis progressivement les bastions communistes tout en empêchant l’émergence de la droite. Conséquence de cette stratégie : le FN est aujourd’hui la deuxième force politique de la région.

Face à cette nouvelle donne politique, le PS peine à engager la modernisation de ses sections. Les responsables locaux reconnaissent un problème, mais n’ont pas de solution. « Les jeunes ne se sentent plus motivés, ils ne font plus confiance à la politique », explique Raymond Lefebvre, responsable de l’ancienne section de Courcelles-les-Lens.

A Montigny-en-Gohelle, les jeunes adhérents se découragent : « Ils me disent : “pourquoi tu veux que je me casse la tête, rien ne change” », raconte une militante. L’exemple souvent cité est celui de Jean-Marie Picque. A 76 ans et après trois mandats, l’ancien maire de Montigny a obtenu l’investiture du PS pour les cantonales de 2011. Après quelques frayeurs, il a devancé Steeve Briois au second tour de l’élection.

Le sujet n’affole pas la fédération. « Il y a eu un renouvellement. Je ne suis pas inquiet concernant les jeunes », indique un responsable, sous couvert de l’anonymat. De son côté Alain Richard attire l’attention sur l’enjeu du « renouvellement des cadres de section », afin d’apporter de nouvelles idées, un nouveau fonctionnement.

Un PS sclérosé

De son côté, le secrétaire de la section de Montigny-en-Gohelle Claude Ponchaut lance un avertissement. « Certains jeunes veulent brûler les étapes. Il faut attendre son tour. » A 26 ans, son homologue lensois Arnaud Sanchez renchérit :

« Être jeune ce n’est pas une qualité, si vous êtes là pour reproduire les schémas, les erreurs des autres. »

Le MJS (Mouvement des jeunes socialistes) est censé permettre au PS de se moderniser en s’appuyant sur la jeunesse. Mais la structure est décrite par Pierre Ferrari comme défectueuse.

« Quand j’étais président du MJS, on était 150 militants, aujourd’hui ils sont 20. Il a été dissous, puis reformé par des apparatchiks qui “trustent” les postes. »

L’image d’un parti sclérosé où l’immobilisme l’emporte sur l’activité militante découle en grande partie de ce problème de renouvellement. De l‘autre côté du terril, le Front National soigne sa communication et donne sa chance aux jeunes. « Au PS tout est ficelé, tout est bloqué… ce n’est pas ce qui se passe au FN. Steeve Briois était un petit militant, aujourd’hui il est secrétaire général de son parti », constate, désabusé, le socialiste Rachid Lasri, directeur de cabinet de Jean-Pierre Corbisez.

Pour Octave Nitkowski, blogueur de 16 ans qui arpente depuis plusieurs mois le bassin minier :

« Ce qui parle aux jeunes à Hénin, c’est le FN. Il n’y a plus de jeunes socialistes. »

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Où sont passés les militants ?

Le Parti socialiste perd le contact avec les nouvelles générations. Il est devenu un « parti d’élus locaux qui s’est professionnalisé politiquement », analyse le chercheur Rémi Lefebvre, « la lutte des places est devenu la principale force de structuration du PS ». La majorité des adhérents ne rentre pas pour militer mais pour chercher une place ou espérer un avantage. « Il n’y a plus de méritocratie dans les sections, on favorise les fils et filles d’élus », dénonce Pierre Ferrari.

Dans la section de Montigny-en-Gohelle, les employés de mairie, le conseil municipal et leurs familles représentent une cinquantaine des 120 encartés. En outre, la section comporte une moitié d’adhérents inactifs, selon les chiffres du secrétaire de section Claude Ponchaut.

Pour David Noël, le secrétaire de la section communiste d’Hénin-Beaumont, « le PS est aujourd’hui une petite armée caporalisée d’employés municipaux ». Le responsable socialiste de Lens Arnaud Sanchez admet que « le parti qui tient la municipalité se renforce par l’adhésion des employés municipaux, parfois par des engagements sincères, parfois par “socialisme alimentaire” ».

Alain Richard en convient, « le problème est réel dans le bassin minier ». Dans sa ville de Saint-Ouen-l’Aumône, il invite ses employés de mairie à prendre leurs cartes dans une section disctincte de la commune.

Des sections assoupies

Plus que la présence d’employés municipaux et d’élus, c’est l’inactivité des sections qui pose problème. Fanny (3), militante à Montigny, en témoigne :

« Jusqu’à maintenant on s’est réuni seulement la veille des campagnes électorales pour dire aux militants : ‘Allez il y a des tracts à distribuer.’ »

Elle évoque la quasi absence de formation, notamment pour lutter contre le FN et s’inquiète du manque de débat dans la section.

Même s’il reconnaît la nécessité de former les militants pour lutter contre les idées du FN, Claude Ponchaut se défend de diriger une section assoupie. Il évoque en particulier le porte-à-porte effectué lors des dernières élections. Par temps calme, sa section se réunit une fois par trimestre.

Pire que les groupes inactifs, les sections auto-destructrices. A Courcelles-les-Lens, Raymond Lefebvre a décidé de dissoudre sa section pour protester contre l’arrivée de Rachid Lasri, prétendant à la mairie en 2014 et adoubé par le maire en place. Raymond Lefebvre ne veut pas soutenir celui qu’il considère comme « un Dalongeville bis » et un « truand ».

Au PS, les luttes internes pour obtenir des postes éclipsent les vrais débats politiques et profitent au Front National. Pierre Ferrari annonce avec gravité :

« Si on intègre les divisions de la gauche, il y a évidemment des risques de voir le FN prendre des mairies comme à Montigny ou à Courcelles-les-Lens. »

Une analyse contestée par Alain Fontanel, secrétaire national du PS en charge de la tutelle des instances fédérales :

« il n’y a pas d’inquiétude à avoir, plutôt une vigilance et une attention. Il faut se méfier des analyses systémiques. »

Paradoxe avec des villes comme Oignies présentant une forte progression frontiste malgré une cellule socialiste qui tournent bien, selon plusieurs sources. Les 170 militants « peuvent s’exprimer librement » lors de la réunion mensuelle, assure Bruno Krol. Le responsable socialiste se déclare à l’écoute des classes populaires, des ouvriers… un électorat qui se détourne pourtant du PS, un peu plus à chaque élection.

Classe ouvrière – PS : le divorce ?

En tout état de cause, le FN profite de sa position dans le Pas-De-Calais pour se présenter comme le nouveau parti des classes populaires. « Au début des années 1990, la classe ouvrière est tombée dans la gueule de Le Pen père, libéral sur le plan économique, presque par hasard. Du coup, Le Pen a du adapter son discours à l’électorat. Aujourd’hui, le FN est le seul parti avec une sociologie de gauche », détaille Christophe Guilluy, géographe et auteur de Fractures Françaises.

En mai 2011, même constat de Terra Nova, laboratoire d’idées proche du PS, dans une étude qui a créé la polémique. « La classe ouvrière n’est plus le cœur du vote de gauche, elle n’est plus en phase avec l’ensemble de ses valeurs », écrivaient les auteurs de cette note.

« Ils ont acté le fait, que l’électorat populaire était un ramassi de beaufs, racistes, crétins et totalement inintéressants…ils ne font donc aucun effort pour le récupérer », regrette Gaël Brustier (4), chercheur proche de la Gauche populaire. « Rien ne confirme que cet électorat soit parti », nuance le responsable socialiste Alain Richard. Pour lui, le PS n’a pas tiré une croix sur le vote populaire.

Des militants livrés à eux-mêmes

Les classes populaires, une portion capitale de l’électorat pour rester maître des municipalités. La montée du vote frontiste dans cette catégorie de la population n’inquiète pas tous les responsables socialistes pour les prochaines municipales. A Montigny-en-Gohelle, où Marine Le Pen est arrivé en tête au premier tour des législatives de 2012 avec 43% des voix (+20 points devant Jean-Luc Mélenchon, deuxième), on mise sur l’incapacité du FN à se structurer pour 2014.

« Pour monter une liste aux municipales, il faut une trentaine de personnes, c’est difficile pour le FN qui n’a pas forcément les militants », remarque Claude Ponchaut, secrétaire de la section de Montigny. « Vous vous rendez compte de la pauvreté des arguments ! », fulmine Alain Alpern. Pour lui, le FN s’organise pour être prêt en 2014.

Chaque section est livrée à elle-même dans sa lutte contre le parti frontiste. Certains semblent désemparés, « on ne connait pas la solution pour faire baisser le Front national », souffle Claude Ponchaut. D’autres préfèrent minimiser le problème : « le sujet aujourd’hui, c’est plutôt l’abstention, » indique Rachid Lasri, candidat déclaré à la mairie de Courcelles-Les Lens.

Au PS, « la question stratégique est absente, cela n’intéresse pas, » tranche Gaël Brustier. Un responsable fédéral tient néanmoins à préciser que le cas frontiste est pris en compte :

« Il y a des gens qui planchent sur la stratégie contre le FN dans la 11e du Pas-De-Calais. La levée de la tutelle de la fédération se jouera, en partie, dans sa capacité à proposer un projet pour lutter contre le Front national.»

Alain Fontanel assure que le PS fait le nécéssaire pour que le FN n’arrive pas au pouvoir à Hénin, « ça se prépare, ça s’étudie, il faut faire des enquêtes d’opinion.» La première étape de ce chemin de croix doit se dérouler lundi 17 décembre en réunion fédérale, avec la reconstitution de la section d’Hénin, dissoute depuis 3 ans.

Pizza party conspirative

Dans la région, chacun a sa théorie pour expliquer l’apathie socialiste devant la montée du Front. Allusif, Alain Alpern affirme que les deux partis « se tiennent par la barbichette. Le FN a beaucoup de dossiers sur le PS, et vice versa. » Plusieurs intrigues peuvent alimenter cette thèse, comme l’affaire de la “pizza party conspirative”. En 2008, certains socialistes se retrouvent avec les frontistes autour d’un repas pour comploter contre Gérard Dalongeville, candidat PS sortant aux élections municipales.

Le blogueur héninois Octave Niktovski explique quant à lui que « leur stratégie, c’est de laisser Hénin-Beaumont au FN pour que les gens se rendent compte de son caractère nocif et retournent dans les bras du PS. » Pour Pierre Ferrari :

« Le calcul, c’est de laisser prospérer le FN pour faire faire baisser l’UMP. Or, quand on joue avec le feu, on se brûle. »

Le PS est aujourd’hui dans une stratégie « suicidaire », estime Anne-Sophie Taszarek. Un aveuglement qui pourrait avoir de lourdes conséquences en 2014. Pierre Ferrari conclut, dépité : « Si le FN remporte la mairie d’Hénin-Beaumont, les barons en porteront l’entière responsabilité. »

Michaël Bloch et Clément Parrot

1. Benoit Collombat, David Servenay, La Fédé: comment les socialistes ont perdu le Nord, Seuil, Paris, 2012.

2. Professeur de sciences politiques à l’université de Lille 2, il est l’auteur des Primaires socialistes, la fin du parti militant, Paris, Raisons d’agir, 2011.

3. Le prénom a été modifié.

4. Docteur en sciences politiques, auteur de Voyages au bout de la droite (Mille et une nuits, 2011), Gaël Brustier est l’ancien conseiller d’Arnaud Montebourg sur les classes populaires.

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