Tag Archives: Communauté urbaine

A Lille, les bidonvilles roms exaspèrent les riverains

28 Oct

Les Roms à Grenoble

“A un moment, cela va exploser”. Hitesh Patel, propriétaire d’un hôtel à Lille met en garde contre une situation à la marseillaise. En cause, l’installation depuis 1 an et demi de 800 à 1000 Roms dans un campement aux conditions de vie très difficiles dans un quartier de Lille.

Avec son voisin, Fabrice Mitoumba , pharmacien, ils ont écrit à plusieurs reprises à la mairie.Je ne pense pas qu’on va arriver à une telle extrémité comme à Marseille mais il y a déjà eu des altercations entre les habitants et Roms”, explique Hitesh Patel. Ils nous poussent à bout”, enchaine Fabrice Mitoumba.

Le 27 septembre, une cinquantaine d’habitants de Marseille, excédés par les cambriolages multiples, ont décidé d’évacuer eux-mêmes des Roms qui avaient installé leur campement de fortune dans la cité.

La mairie a demandé une évacuation du terrain

Dans une réponse datant du 14 septembre, la municipalité de Lille reconnait, dans un document que nous avons pu consulter, que se développent “des situations de plus en plus précaires, des incidents de plus en plus violents au sein de certains terrains, mais aussi pour les habitants vivant à proximité”.

“La situation aujourd’hui de votre rue est intolérable”, note la municipalité de gauche, qui affirme avoir demandé une évacuation du terrain. “Nous avons réitéré auprès du préfet notre volonté qu’une évacuation du terrain de la rue de Marquillies soit programmée, mais elle ne pourra se faire qu’après avoir trouvé les terrains d’accueil, et travaillé avec les associations pour y orienter les occupants actuels”

Une évacuation devrait, pour autant, forcément se faire dans les prochains mois. Selon Hitesh Patel, le terrain où se trouvent les Roms a été vendu au groupe Mulliez qui compte y installer un Décathlon. L’enquête publique, préalable au chantier, devrait débuter dans 8 mois. L’ouverture serait prévue à l’horizon 2015.

“Cela devrait redynamiser le quartier”, espère Hitesh Patel, qui ne sait pas s’il tiendra jusque là. Il pense émigrer aux Etats-Unis. “La cohabitation entre les Roms et les habitants se passe très mal”, abonde Géralde Lacour, fleuriste du quartier. “Je n’ai rien contre eux mais c’est au niveau sanitaire que c’est une catastrophe”, note Fabrice Mitoumba, le pharmacien. “On voit des poubelles éventrées, des rats morts dans les rues, j’ai aussi eu des vols dans la pharmacie” ajoute-t-il.

“Personne ne bouge”

“On regarde dans les poubelles pour manger”, raconte Iona Linguran, qui vit dans le camp rom de la porte d’Arras. Ce qui n’est pas sans conséquence sur la propreté dans le quartier. Des poubelles se retrouvent déchirées dans la rue.

Des habitants se plaignent d’en avoir été tenu pour responsable par la municipalité. Mme Boudissa s’est, pas exemple, vu réprimandée pour un “dépôt d’encombrant sur la voie publique devant (son) logement”  et menacé d’une amende de 71 euros en cas de récidive, selon un document que nous nous sommes procurés. Elle affirme n’y être pour rien.

C’est le monde à l’envers”, tranche Fabrice Mitoumba, qui menace la mairie d’une pétition si la situation en reste là. Il est néanmoins fataliste: “personne ne bouge. La mairie semble dépassée par la situation.”

A dix minutes en métro du centre-ville de Lille, un véritable bidonville s’est constitué dans sa périphérie. Des caravanes, quelques voitures, de la boue, des déchets à ciel ouvert, les conditions d’hygiène et l’insalubrité sont déplorables dans le campement rom.

Au feu rouge de la rue du faubourg d’Arras, il n’est pas rare de voir des enfants roms en train de mendier auprès des voitures.Je fais ça pour avoir à manger” témoigne Ribbana, 6 ans, qui parle seulement quelques mots de français.

Iona Linguran, 26 ans, vit avec ses 7 enfants et son mari dans une caravane de 10 m2. Dans l’”habitation”, un seul lit double pour les 9 occupants, des conserves entamées et un réchaud. “Nous avons beaucoup de problèmes, nous manquons d’eau, il est difficile de trouver à manger”, explique Iona dans un français approximatif.

Ses enfants, entre un an et douze ans, non scolarisés jouent dans l’immense flaque d’eau au milieu du camp ou s’amusent avec une bicyclette cassée qui traîne.

Du côté des riverains, on déplore également ces conditions insalubres. “Ils vivent dans la boue. On ne laisserait pas des animaux vivre comme cela. Alors pourquoi des êtres humains?” , note une habitante sous couvert de l’anonymat.  “Ce n’est pas bon pour eux comme pour nous”.

Contactées la mairie et la communauté urbaine n’ont pas souhaité répondre dans l’immédiat.

Michaël Bloch

Photo: Un camp de Roms à Grenoble par [.T.]/Flickr/Creative Commons

%d blogueurs aiment cette page :